• Un petit extrait ? ;)

     

    On me l'avait demandé, je l'avais promis, le voici : un extrait du premier jet de mon histoire en cours d'écriture wink2

    J'ai décidé d'être généreuse ! Voici donc presque l’entièreté du chapitre 1 happy
    (Notez que, comme je l'ai dit plus haut, il ne s'agit que du premier jet. Ce chapitre subira donc probablement plusieurs changements avant d'être définitif. Malgré ça, j'espère qu'il vous plaira ^^)

    N'hésitez pas à me laisser votre avis ^^

     

    Rose

     

    EXTRAIT :

     

    L’air était chaud, trop pour le printemps ; il suffisait de fermer les yeux pour se croire en été, s’imaginer en vacances. La caresse du soleil était brûlante par cet après-midi sans vent, mais si Diane avait toujours aimé la chaleur et le grand air, elle n’était toutefois pas là pour en profiter. Elle était en mission. Pour Elle.

    Juchée sur un haut talus, elle se tenait droite, fière. Ses yeux verts-dorés ne quittaient pas l’établissement en contre-bas, de l’autre côté de la rue. Une école.

    La dernière sonnerie de la journée avait déjà retenti, Diane savait qu’elle n’aurait plus à attendre très longtemps. Tout était savamment orchestré, comme toujours. Chaque seconde avait son importance, elle en était consciente depuis des années. Elle ne devait intervenir ni trop tôt ni trop tard.

    Malgré sa peau moite de chaleur, ses cheveux courts et bruns qui lui collaient à la nuque et l’inconfort de sa position sur cette pente, elle ne bougeait pas d’un pouce, inflexible. Elle se sentait chanceuse : il n’y avait pas un seul parasite à l’horizon, chose rare mais pas inhabituelle. À ses pieds, un chien blanc se délassait. Comme elle, il semblait insensible à son environnement. On aurait pu croire qu’il patientait, lui aussi, attendant le moment où elle l’inviterait à la suivre. Autour d’eux, la vie poursuivait son cours ; ils n’étaient que deux individus supplémentaires au décor…

    La ville était agitée. Presque trop agitée pour un jeudi après-midi, semblait-il. Mais n’y habitant pas, Diane n’aurait su dire si c’était coutumier ou exceptionnel. Et à dire vrai, cela lui importait peu. Elle ne remettrait sans doute jamais les pieds dans cette ville, après ce jour. Elle n’était là que pour la mission.

    La porte du lycée s’ouvrit ; Diane se raidit encore plus, si c’était possible. Tous ses sens étaient en alerte : il allait bientôt sortir. Quoique bientôt ne soit pas le mot approprié. D’après ce qu’elle avait cru comprendre, le jeune homme n’était pas des plus prompts à quitter les lieux, préférant traîner dans les couloirs et bavarder quelques minutes. Diane n’avait jamais aimé ce genre d’attitudes, elle ne le comprenait tout simplement pas. À ses yeux, le secret d’une vie bien rangée résidait dans les horaires. La moindre petite seconde pouvait compter, quand on savait y faire attention. Traîner était un mot qui ne faisait même pas partie de son vocabulaire.

    Elle observa chaque garçon qui sortait de l’établissement, en quête de son visage. Un visage qu’elle n’avait vu qu’une seule fois, et pas en face à face. Peu lui importait, elle saurait le reconnaître : Elle y avait veillé.

    Diane n’avait pas droit à l’erreur. Le moment arrivait, elle pouvait le sentir. Son intuition la trompait rarement – elle devait aimer les horaires autant qu’elle. Quelques secondes plus tard, sa fiabilité fut confirmée : il franchit la porte, riant avec ce que Diane supposa être un ami. La fille, par contre, n’était pas là ; les données avaient été modifiées quelques heures auparavant. Par chance, Elle l’en avait prévenue. En un sens, cela l’arrangeait. Les effusions de larmes, très peu pour elle, et mieux valait que la jeune fille ne voie pas ce qui allait arriver. Peu étaient capables de garder leur sang-froid comme Diane. Cela faisait aussi partie de la mission : rester calme, n’intervenir que le moment venu, ne pas chercher à changer le cours des choses. Des tâches qui pouvaient s’avérer plus difficiles qu’on ne le croyait.

    Diane soupira, impatiente ; le jeune homme discutait toujours, près de l’entrée. Les dernières minutes étaient les plus longues à ses yeux. Elle prit son mal en patience – elle n’avait d’autres choix – et observa l’adolescent plus en détail. Elle ne lui avait pas menti, il était tel qu’Elle l’avait décrit : des cheveux roux-bruns aussi bien coiffés que s’il venait tout juste de sauter du lit, une musculature inexistante, une taille allongée et un air confiant qui détonnait sur lui.

    Cet air, Diane avait plutôt l’habitude de le voir sur d’autres individus : des gens que la nature avait gâtés, qui étaient nés dans la bonne famille et n’auraient jamais à se soucier de beaucoup de choses. Pas sur quelqu’un qui ressemblait tant à… à un bouc émissaire ! Oui, c’était tout à fait ça. Le jeune homme avait tout d’un mouton noir, n’en était son attitude confiance et calme. Et pourtant, en le regardant, on avait l’impression que rien ne pouvait l’effrayer. Un joli paradoxe, pensa Diane. Un cas bien plus intéressant que la plupart de ses missions. Elle en venait presque à regretter de ne pas avoir pris le temps de l’observer plus tôt. Presque. Elle avait un tas de choses à faire au quotidien.
    Enfin, l’adolescent salua son ami. L’heure arrivait ; le sourire aux lèvres, il dit au revoir à deux ou trois autres des adolescents présents. Du coin de l’œil, Diane vit une Chevrolet Camaro blanche s’engager dans la rue.

    Pile à l’heure, songea-t-elle. Elle ne se trompait jamais.
    Dans un fin sourire, le premier depuis qu’elle se tenait sur ce talus, elle avança vers la route. Sans qu’elle le lui ordonne, son chien la suivit ; debout, il atteignait la hauteur de son flanc.
    Comme en écho à ses propres gestes, le jeune homme, qu’elle n’avait pas quitté des yeux une seule seconde, en fit autant, marchant dans sa direction, vers le bitume. Mentalement, Diane compta les secondes…

    L’impact eut lieu. Violent, déstabilisant. Les hurlements le suivirent rapidement : cris épouvantés, incrédules, qui muèrent en cris désespérés, larmoyants et interrogatifs. Des sons qu’elle avait maintenant l’habitude d’entendre. Des sons qu’elle détestait.
    Il avait suffi d’une toute petite, minuscule seconde pour que le monde que ces habitants connaissent s’écroule, soit momentanément en proie à la peur et l’incompréhension. Sentiments auxquels suivrait bientôt la colère. Comme insensible à ce tumulte, Diane avançait calmement vers le garçon à terre. Il respirait toujours, elle n’en doutait pas.

    C’était enfin à elle d’agir.

     


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